Deux semaines aux Glénans

Deux semaines aux Glénans

Les titres potentiels pour cet article étaient nombreux ! De "Comment je suis tombé amoureux de la navigation ?" à "Mon initiation de la voile", les variations ne manquaient pas. Cependant, il serait déplacé de ne pas choisir un titre mentionnant les Glénans.

Mais commençons par le commencement.

Pourquoi ce stage ?

A l'origine, j'étais censé décoller pour Bishkek, la capitale du Kirghisistan en plein coeur de l'Asie Centrale. Au programme ? Pas de programme ! Malheureusement, à cause d'un malencontreux accident de vélo (bon ok, je l'ai bien cherché) me voilà contraint d'annuler mon billet d'avion.

Entre la réservation du billet et son annulation, j'ai découvert le concept du bateau stop. Le principe est bien entendu le même que pour l'auto stop: tenter de trouver une âme charitable pour aller d'un point A à un point B. Dans les deux cas, c'est un bon moyen pour rencontrer de parfaits inconnus et bien davantage. Sauf que dans le cas du bateau stop, il ne s'agit plus de partager quelques heures de trajet sur des routes généralement fréquentées mais bel et bien de naviguer pendant plusieurs jours avec une ou plusieurs personnes, en pleine mer.

Bien que très attiré par cette idée, j'ai préféré faire un stage de voile avant de (pourquoi pas) me lancer dans cette aventure. N'ayant jusqu'alors connu que des mers calmes, l'objectif principal était de vérifier que je n'étais pas sujet au mal de mer. Après tout, il serait dommage de passer plusieurs jours de navigation à nourrir les poissons plutôt qu'à participer aux manoeuvres et à profiter du paysage.

Un autre aspect à prendre en compte avant de s'embarquer pendant plusieurs jours avec de parfaits inconnus est la promiscuité. Si dans la vie courante il est assez simple de s'isoler dès que le besoin s'en fait sentir, sur une embarquation quelle qu'elle soit, la distance maximale possible entre deux individus est égale à la distance entre la proue et la poupe. L'auteur de cette citation se reconnaitra s'il me lit. :) Bien qu'étant (je pense) très facile à vivre au jour le jour, avoir un aperçu de cette situation ne pouvait qu'être une expérience bonne à prendre.

Les glénans

Bienvenue aux Glénans, école de voile, école de mer, école de vie.

Cette phrase magnifique, assénée telle une devise sur le site de l'association des Glénans ne saurait mieux résumer l'ambiance dans laquelle j'ai baigné pendant ces deux semaines.

Le partage, l'entraide, la communication sont en effet des valeurs auxquelles l'ensemble du staff de l'association est très attaché.

L'école des Glénans est probablement le centre de formation à la voile le plus connu (et le plus réputé) en France. Leur réputation, leur leitmotiv, la qualité de leur site web sont autant d'arguments qui m'ont pousser à réserver un stage de deux semaines avec eux.

Majoritairement encadré par des bénévoles (des maitresses de maisons aux formateurs) et entouré de nombreux autres stagiaires, j'ai commencé mon stage à Cigogne.

Cigogne

Petite ile située au coeur de l'archipel des Glénan donc l'école tire son nom, cette petie ile abrite un ancien fort militaire français très originalement nommé Fort Cigogne. Comme nous l'apprends wikipédia, sa construction remonte à 1755 et il est désormais classé comme monument historique.

Comme vous vous en doutez, le confort est très limité dans ce fort. Dortoirs de 15-20 personnes, pas de wifi, eau rationnée, cunégondes en guise de WC, electricité limitée, la liste est longue. Cependant, ces conditions spartiates sont très vite oubliées tant l'ambiance est détendue, joyeuse.

Finalement, on s'aperçoit que faire ses besoins face à la mer est un réel plaisir, qu'un demi seau d'eau chaude est plus que suffisant pour se doucher et qu'après tout, le plus important est de profiter. Ce qui n'est pas un réel problème lorsque les journées alternent navigations dans l'archipel et repas entre stagiaires, formateurs et bénévoles au coeur du fort.

Cette première semaine est passée très vite malgré les réveils matinaux, la participation à la bordée (préparation et service des trois repas quotidiens, nettoyage de la cuisine et des douches, etc), les journées riches en enseignement et en sensations et bien entendu, quelques soirées plus ou moins arrosées !

Le rythme fut soutenu mais la fin de la semaine est arrivée bien plus vite que prévue et il est déjà temps de retourner à Concarneau. Si les sépartions furent bien entendu émouvantes, le stage n'était pas terminé pour tout le monde. En effet, nous étions plusieurs équipages à récupérer un voilier à Concarneau pour enchainer avec une semaine supplémentaire de navigation.

Une semaine d'embarqué

De retour à Concarneau, nous avons pris possession du Chihuahua Pearl, un Sun Odyssey 32i sur lequel nous allions passer la semaine à venir.

Nous étions quatre sur ce bateau. Trois stagiaires, Mickael, Samuel et moi-même ainsi que Bruno, notre formateur. Mis à part ce dernier, c'était notre première fois à bord d'un voilier habitable. Je pense pouvoir dire sans me tromper que nous avions tous les trois les yeux brillants d'impatience en vue du départ.

Malheureusement, le temps de s'occuper de l'inventaire et du ravitaillement, nous avons du attendre le lendemain.

Ensuite, comment décrire cette semaine magnifique ? Entre ports et mouillages, de l'ile aux moutons à l'ile de Groix en passant par Lorient et Fort Cigogne (pour regouter l'ambiance unique de ce lieu) que ce soit sous spi ou parfois de nuit, nous avons découvert et appris énormément de choses tout au long de cette semaine.

Nous avons navigué de concert avec l'équipage de Huaniné une bonne partie de la semaine, partageant avec eux quelques repas, mettant en commun notre maigre pêche et la leur (bien plus conséquente fort heureusement). Nous avons cassé, on ne sait comment, l'enrouleur de notre foc, nous sommes **grimpé au **mat, nous nous sommes fait des frayeurs avec le spi, nous avons fait des siestes pendant de longs bords, nous avons découvert la difficulté de la navigation de nuit lors d'une entrée tardive dans le port de Lorient, et j'en passe !

En ce qui me concerne, pas de mal de mer à déplorer et une ambiance rêvée à bord de notre voilier. Me voilà rassuré sur ces deux points et impatient d'embarqué de nouveau.

Qui sait, peut-être très bientôt ?